La manifestation de votre cœur ressemble beaucoup à la pluie. Parfois la pluie tombe dru. Parfois elle tombe en bruine à peine perceptible. Parfois la pluie semble tomber sans fin. Parfois la pluie se manifeste pour un moment et disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Parfois la pluie donne des signes évidents de sa venue bien avant qu’elle ne se manifeste. Parfois les signes avant-coureurs semblent illusoires nous laissant croire qu’en fin de compte elle ne tombera jamais. Parfois la pluie fait irruption de façon inattendue et ce, sans avertissement. Parfois la pluie se manifeste en tempête en charriant éclairs et tonnerre. Parfois il pleut ici mais pas là comme s’il y avait une ligne de démarcation sur le terrain où, d’un côté, il pleut et, de l’autre, il ne pleut pas. Ici, en ce point précis. Pas là, en ce point précis. Parfois la pluie s’accumule, parfois elle semble à peine toucher la Terre. Parfois vous accueillez la pluie et parfois vous n’en voulez pas. Parfois la pluie vous cause trop de perturbations. Elle inonde et vous effraie. Parfois vous descendez en radeau une rivière que la pluie a créée et parfois, vous pêchez dans la rivière; parfois vous évitez la pluie avec une parapluie au-dessus de votre tête, ou bien vous attendez sur un portique que la pluie cesse. La pluie se présente sous différentes dimensions et parfois vos souliers sont trempés.
Votre cœur d’amour n’est-il pas parfois comme la pluie? Parfois votre cœur est timide, parfois il est intrépide. Parfois on le voit ouvrant les bras ouverts, parfois on le voit qui se referme. Et ainsi de suite.
Pour vous de même, accueillez toujours votre cœur. Comme la pluie, votre cœur sert plusieurs buts. La pluie ne cesse de venir sans égard à ce que les autres peuvent en penser. La pluie a une force et une indépence propres et il doit en être ainsi pour votre cœur.
Contrairement à la pluie, votre cœur doit se manifester sous tous les temps.
Contrairement à la pluie, votre cœur ne doit jamais s’assécher. Être absorbé, oui. S’assécher, non.
Comme la pluie, votre cœur se manifeste toujours quelque part. Comme la pluie, le cœur ne peut se restreindre indéfiniment.
Comme le soleil, votre cœur doit apparaître et briller peu importe à partir d’où et briller sur tous sans penser à lui-même.
Combien indépendants sont le soleil et la pluie et combien indépendant votre cœur doit être pour être heureux.
Les Grands de ce Monde, en marche vers leur Grandeur, ne retenaient pas leurs cœurs ni ne dosaient leur amour ici et là. Ils donnaient leurs cœurs à pleines poignées et le faisaient tranquillement comme si le partage des cœurs était un processus naturel, ce qu’il est effectivement. Ce n’était pas une immense tâche pour les Grands de ce Monde que de donner leurs cœurs. Ils savaient, au-delà de tout doute, que leurs cœurs étaient faits pour donner et que l’amour qu’ils émanaient étaient par-dessus tout Mon amour. Leurs cœurs étaient aussi Mon cœur et non leur possession propre.
Vous savez, en ce temps où les Grands de ce Monde étaient grands, leurs cœurs étaient pleinement Miens et cela signifiait que leur amour ne pouvait être qu’entier pour tous et chacun. Le don de leur amour n’était pas une chose qui leur appartenait en soi. Leur amour n’avait pas de commencement. Il n’y avait rien de nécessaire pour le déclencher. L’Amour des Grands circulait sans cesse, comme le Mien. Leur amour se posait partout, à vue et au-delà de la vue. Leur amour était. Toute occasion était une occasion d’amour. Rien n’était nécessaire pour déclencher leur amour. Comme le Mien, leur amour était et il était pour tous. Combien il est aisé d’aimer tout simplement et de ne pas faire en sorte que l’amour dépende des regards, jugements ou états de conscience des autres. À travers leur santé ou leurs maladies, l’amour était. Contrairement à la pluie, leur amour était sans fin et ainsi leur amour était pleinement donné.